On ne pensait pas ouvrir ce blog avec la buanderie. Et pourtant : des draps blancs qui restent blancs et des serviettes qui essuient vraiment, c'est une bonne partie du confort d'une maison qui accueille. Alors on partage nos fiches de lavage — celles qui sont affichées dans la nôtre.
Elles ont été écrites pour notre machine et pour l'eau bordelaise, qui est très dure. La fiche 00 vous donne les repères pour transposer chez vous. Mon conseil : commencez par elle, tout le reste en découle.
Buanderie
fiches de lavage
Onze fiches, un flux par fiche. Le tiroir se lit toujours de gauche à droite, dans le même ordre, sur toutes les fiches — c'est celui de notre machine, la fiche 00 vous donne le repère pour transposer sur la vôtre. Les dosages intègrent déjà la dureté de l'eau : ne jamais les majorer une seconde fois.
Référentiel
Chez nous, l'eau du réseau est à 30,5 °f (17,1 °dH). Eau dure. Tout ce qui suit en découle — la dureté de la vôtre figure sur l'analyse de votre distributeur ou en mairie.
Le tiroir, de gauche à droite
Cette disposition est celle de notre machine. L'ordre des bacs varie selon les marques : fiez-vous aux symboles du fabricant (I = prélavage, II = lavage principal, fleur = adoucissant). Le repère qui ne trompe pas : le bac adoucissant est le seul équipé d'un siphon.
C'est ce qui rend la lessive liquide incompatible avec un prélavage : versée dans le bac lavage, elle est déjà dans la cuve au premier remplissage et part avec la vidange du prélavage. Le lavage principal tourne alors à l'eau claire. Avec une poudre, le problème ne se pose pas.
Comment se construit un dosage
Un dosage lessive a deux parts. Une part salissure, proportionnelle au poids de linge. Une part dureté, proportionnelle au volume d'eau du bain, qui sert à neutraliser le calcium avant que les tensioactifs ne travaillent.
Le volume d'eau ne diminue quasiment pas quand la charge diminue de moitié. Donc on ne divise jamais un dosage par deux sous prétexte qu'on lave une demi-charge : on ne réduit que la part salissure. En pratique, plancher à 130 ml de poudre quelle que soit la charge, et toujours utiliser la colonne « eau dure » du paquet, y compris sur une machine légère et peu salissante.
Où verser la poudre
Au-delà de 130 ml, le tiroir n'entraîne pas la poudre de façon fiable : une partie reste au fond du bac, la dose réelle est plus faible que la dose prévue, et le bac s'encrasse. Doser les grosses quantités en boule doseuse posée dans le tambour, sous le linge.
Exception : fiche 07. Avec un prélavage activé, la boule doseuse libère son produit dès le prélavage et il part à la vidange. Sur cette fiche uniquement, la poudre du lavage principal va dans le bac lavage.
Les quatre produits
| Produit | Rôle | Interdits |
|---|---|---|
| Ariel poudre | Lessive complète, blanchiment oxygéné activé par TAED dès 40 °C. Blanc et linge de maison. Doseur : 75 ml = 50 g. | Laine, soie, bac de prélavage (pictogramme barré sur le paquet), couleurs. |
| Poudre couleur | Sans blanchiment ni azurants. Tout le linge teinté. | Rien de particulier. |
| Acide citrique | En solution, bac adoucissant. Neutralise l'alcalinité résiduelle et empêche le redépôt de calcium au dernier rinçage. | Surdosage. Voir ci-dessous. |
| Percarbonate | Entretien machine et rattrapage du blanc. Sans activateur : inactif en dessous de 50 °C. | Couleurs, laine, soie, duvet, élasthanne. |
Acide citrique — dose de référence
La référence n'est pas un volume, c'est une masse : 9,5 g d'acide citrique par machine. Le volume dépend de la concentration de votre solution.
| Solution | Préparation | Dose |
|---|---|---|
| 190 g/L recommandée | 500 g dans 2,3 L d'eau tiède, volume final ≈ 2,63 L | 50 ml |
| 379 g/L | 500 g dans 1 L d'eau tiède, volume final ≈ 1,32 L | 25 ml |
| 400 g/L | Sac de 2 kg dans 5 L de solution finale | 24 ml |
| Poudre pure | Directement dans le bac adoucissant | 9,5 g |
La solution diluée à 190 g/L est celle à retenir, non pas parce qu'elle est plus douce (la masse délivrée est identique) mais parce que 50 ml se mesure correctement dans un bac d'adoucissant alors que 25 ml se mesure au jugé. Le mode de défaillance qu'on cherche à éliminer, c'est le surdosage.
Verser en trois fois en secouant entre chaque. Étiqueter la bouteille. Jamais dans un bidon ayant contenu de l'eau de javel. Autonomie : 52 machines par sachet de 500 g.
À mesurer une fois, puis à figer
pH du dernier rinçage. Bandelettes plage 4 à 7. Prélever un peu d'eau du hublot pendant le dernier rinçage sur une machine de draps. Cible : 5,5 à 6,5, la référence des blanchisseries professionnelles. Ajuster par pas de 5 ml et reporter la valeur trouvée sur toutes les fiches. La dose de 9,5 g est une estimation stœchiométrique, pas une mesure.
Température réelle du Cotton 60. Un enregistreur de température dans une chaussette, au milieu du tambour, un cycle complet. Beaucoup de machines n'atteignent pas la consigne.
Température du cycle Drum Clean. Notice ou sonde. En dessous de 50 °C, le percarbonate est inerte et la fiche 09 ne sert à rien.
Dureté réelle. Bandelette deux fois par an. La valeur de l'analyse du réseau bouge dans l'année.
Percarbonate — H318, lésions oculaires graves
Gants et lunettes pour toute manipulation. La poudre vole quand on la verse dans le tambour. Ne jamais se frotter l'œil après avoir touché le pot. Stockage sec, couvercle vissé sans être hermétique (dégagement d'oxygène), à distance de l'acide citrique : les deux se neutralisent.
Test de remplissage
Main à plat, verticale, entre le haut du linge et le haut du tambour. Si elle ne passe pas, c'est trop chargé : l'action mécanique s'effondre et le rinçage devient incomplet.
Draps & housses
Blanc uniquement. L'objectif n'est pas la propreté visible mais le blanc qui tient sur cent rotations.
- Programme
- Cotton, le plus long disponible
- Température
- 60 °C réglés à la main
- Essorage
- 1200
- Charge
- Trois quarts du tambour
Interdits
Adoucissant. Prélavage. Vinaigre. Eau de javel, qui dégrade les azurants optiques et finit par jaunir le blanc au lieu de l'aviver.
Pourquoi 60 °C
Pas pour l'hygiène : Ariel contient du TAED, qui active le blanchiment oxygéné dès 40 °C, et un cycle long à 40 °C avec une poudre correctement dosée est sanitairement suffisant. La raison est lipidique. Le sébum fond entre 35 et 40 °C ; en dessous il reste dans la fibre, s'auto-oxyde à l'air et jaunit le blanc au fil des rotations. C'est le jaunissement, pas la contamination, qui met un drap à la poubelle.
Pas Eco 40-60
C'est le programme normé de l'étiquette énergie. Sa température n'est pas réglable et les constructeurs y chauffent réellement bien plus bas que l'affichage : certaines notices Samsung annoncent elles-mêmes un maximum autour de 33 °C. Pour du 60 °C réel, il faut Cotton.
Après le cycle
- Sortir immédiatement. Le linge oublié dans le tambour prend l'odeur de renfermé et annule tout le reste.
- Séchage au soleil dès que la météo le permet : blanchiment UV gratuit, et l'odeur de linge séché dehors est fabriquée par le soleil lui-même, par photo-oxydation des lipides résiduels.
- Ranger seulement quand la pièce est parfaitement sèche. Un seul drap humide contamine l'armoire entière.
Serviettes & tapis
Le seul flux où la charge se compte à moitié. L'éponge gonfle en absorbant : un tambour rempli aux trois quarts devient un bloc immobile une fois saturé.
- Programme
- Cotton, le plus long disponible
- Température
- 60 °C réglés à la main
- Essorage
- 1400
- Charge
- Moitié du tambour
Interdits — l'adoucissant en premier
Il dépose un film hydrophobe qui détruit l'absorption, et une serviette qui n'essuie pas est le défaut le plus commenté par les voyageurs. L'acide citrique donne la souplesse sans le film. Ni prélavage, ni vinaigre, ni javel.
Pourquoi 130 ml et pas 110
La charge est réduite de moitié, mais le volume d'eau du bain ne l'est pas. Réduire la dose proportionnellement revient à sous-doser précisément la part anticalcaire, sur le seul flux où le cartonnage est un problème. Avec une eau dure, l'eau de rinçage redépose du calcium sur la fibre et c'est ce qui rend l'éponge rêche, même sans adoucissant. La poudre en amont et l'acide citrique au dernier rinçage traitent les deux bouts du même phénomène.
Séchage
Séchage complet impératif, jusqu'au cœur de l'ourlet. Une serviette rangée à 95 % sèche développe une odeur en trois jours. Sèche-linge autorisé et même recommandé sur ce flux : le culbutage redresse les boucles d'éponge, c'est le premier levier de souplesse, avant toute chimie.
Linge de couleur
Le flux courant. Coton, lin, mélanges. Tout ce qui n'est pas blanc, pas noir, pas technique, pas de la laine.
- Programme
- Cotton long, ou Mixed Load si charge mélangée
- Température
- 40 °C
- Essorage
- 1200, ou 800 pour les mailles et le lin
- Charge
- Trois quarts du tambour
Interdits
Ariel avant tout : son percarbonate et ses azurants délavent les teintes. C'est la poudre couleur, et elle seule, sur ce flux. Ni javel, ni percarbonate, ni adoucissant.
40 °C avec une poudre correctement dosée suffit à tout, y compris sur le plan sanitaire. Le temps de cycle compense la température : long à 40 °C vaut mieux que court à 60 °C, sur le détachage comme sur la facture. Le 15' Quick Wash est un rinçage amélioré, pas un lavage : les enzymes n'ont pas le temps de travailler.
Poudre, pas liquide
Y compris sur les couleurs. La poudre embarque les zéolithes et polycarboxylates qui neutralisent la dureté ; un liquide ne peut pas en contenir et compense par un surcroît de tensioactifs. Avec une eau dure, l'écart devient visible au bout de quelques mois sous forme de gris.
Noir & foncé
Flux séparé parce que l'ennemi n'est pas la saleté mais le délavage et le dépôt blanc. Sur une eau dure, le calcaire se voit d'abord sur le noir.
- Programme
- Cotton ou Synthetics
- Température
- 30 °C
- Essorage
- 800
- Préparation
- Vêtements retournés à l'envers
Interdits
Ariel, percarbonate et javel : ils décolorent. Sèche-linge, qui accélère la migration du colorant et fixe les peluches claires. Séchage en plein soleil, excellent pour le blanc, décolorant pour les teintes foncées.
Gestes
- Retourner systématiquement : l'abrasion du tambour se fait sur la face exposée, et c'est elle qui blanchit.
- Séchage à l'ombre, sur cintre, à l'abri du soleil direct.
- Ne pas mélanger avec de l'éponge blanche : le noir se couvre de fibres claires.
Sport & synthétiques
Maillots vélo, cuissards, tee-shirts techniques, coupe-vent. Le problème n'est pas la saleté, c'est l'odeur, et elle se traite autrement.
- Programme
- Synthetics, cycle long
- Température
- 40 °C maximum
- Essorage
- 800
- Charge
- Moitié du tambour, pièces retournées
Interdits
Adoucissant, qui obstrue la fibre et aggrave la rétention d'odeur. Percarbonate et Ariel, qui attaquent l'élasthanne. Sèche-linge. Dépasser 40 °C.
Pourquoi 40 °C maximum
Pas à cause du polyester lui-même : sa transition vitreuse est autour de 70 à 80 °C et sa fusion à 250 °C, il ne se déforme pas dans un tambour à 60 °C. Ce qui craint la chaleur, c'est l'élasthanne, les impressions, les coutures thermocollées et les traitements déperlants. Et la chaleur ne « fixe » pas l'odeur, elle aide plutôt à l'extraire.
La règle des 24 heures
Le polyester est oléophile. Les odorants apolaires (aldéhydes type 2-nonénal, guaïacol, alcanes) s'y logent et le lavage les retire beaucoup moins bien que sur du coton, alors que les acides gras volatils, eux, partent correctement en milieu alcalin. Ce qui reste après lavage, ce sont donc les composés que ni le pH ni un cycle standard ne délogent, et ils s'accumulent d'un lavage à l'autre.
Laver dans les 24 heures, ou au minimum faire sécher à l'air avant de mettre au panier. C'est le seul levier vraiment efficace.
Odeur persistante — deux cas à ne pas confondre
| Symptôme | Cause | Traitement |
|---|---|---|
| Auréoles raides sous les bras, tissu cartonné localement | Sels d'aluminium d'anti-transpirant incrustés | Trempage 1 h en bassine, eau tiède, 40 ml de solution d'acide citrique, puis cycle normal. En bassine, jamais dans le bac adoucissant. |
| Odeur diffuse de sac de sport qui revient à la transpiration | Sébum oxydé et odorants apolaires piégés dans la fibre | L'acide n'y peut rien. Trempage 1 h en eau tiède avec la lessive habituelle à dose pleine, puis cycle Synthetics long à 40 °C. Une lessive contenant une lipase aide réellement. |
Membranes imperméables
Vestes de pluie et déperlants : lessive liquide technique dédiée, aucune poudre, aucun acide citrique, essorage 400, séchage à l'air puis réactivation au sèche-linge tiède ou au fer sur pattemouille si le fabricant l'indique.
Laine & mérinos
La seule famille où le facteur décisif n'est ni la température ni la chimie, mais l'agitation. Ce n'est pas l'eau chaude qui rétrécit un pull, c'est le brassage.
D'abord : ne pas laver
La laine retient peu les composés odorants. Vingt-quatre heures sur un cintre dans une pièce ventilée règlent la majorité des cas. Deux à quatre lavages par saison suffisent pour un pull. Chaque lavage évité est un feutrage évité.
- Programme
- Wool, ou bassine si la pièce a de la valeur
- Température
- 30 °C, identique du lavage au rinçage
- Essorage
- 400, court
- Charge
- Un tiers du tambour, filet obligatoire
Les trois gestes qui comptent
- Ne jamais tordre. L'essorage machine plaque les fibres sans mouvement relatif ; tordre à la main crée exactement le glissement qui feutre. La centrifugeuse est plus sûre que vos mains.
- Température constante. C'est le choc thermique qui abîme, pas la valeur absolue. Rincer à la même température qu'on a lavé.
- Séchage à plat sur une serviette, jamais sur cintre ni sur fil : la laine mouillée flue sous son propre poids.
Interdits
Ariel et poudre couleur : leurs protéases digèrent la kératine, c'est une protéine. Percarbonate et javel, qui attaquent les ponts disulfure. Sèche-linge. Torsion.
Boue, terre, sable
Sorties gravel, couchage du chien, linge de plage, tenues d'atelier. Le seul flux où le prélavage se justifie, et le seul où les trois bacs servent.
- Programme
- Cotton + option prélavage activée
- Température
- 40 °C, ou 60 °C sur du blanc résistant
- Essorage
- 1200
- Charge
- Moitié du tambour
Interdits
Ariel dans le bac de prélavage : le pictogramme prélavage est barré sur le paquet, et son percarbonate partirait à la vidange avant d'avoir servi. Lessive liquide dans le bac lavage : sans siphon, elle est déjà dans la cuve au premier remplissage et disparaît avec l'eau du prélavage. Boule doseuse dans le tambour : même problème, elle libère tout pendant le prélavage.
Avant et après
- Laisser sécher la boue avant de brosser. Humide, elle s'incruste ; sèche, elle tombe.
- Secouer et brosser dehors. Le prélavage évacue ce qui est déjà décroché, il ne décroche pas grand-chose.
- Vérifier le filtre de pompe après le cycle. Le sable y va directement.
- Couchage du chien toujours seul, jamais mélangé au reste.
Couettes & oreillers
Une pièce à la fois. Le risque n'est pas le lavage mais le séchage : une garniture rangée humide moisit de l'intérieur et la pièce est perdue.
- Programme
- Bedding
- Température
- 60 °C sur synthétique, 40 °C sur duvet naturel
- Rinçage
- +1 cran avec la touche rinçage
- Essorage
- 1000 à 1200, essoré le plus possible
- Charge
- Une seule pièce, tambour à moitié plein maximum
Duvet et plume naturels — protocole différent
Lessive spéciale duvet dans le bac lavage, jamais d'Ariel ni de percarbonate : ce sont des protéines, comme la laine. Séchage au sèche-linge obligatoire avec trois balles, en plusieurs passages tièdes, jusqu'à ce qu'aucun paquet ne subsiste au toucher.
Séchage
- Compter beaucoup plus long que prévu. Une couette paraît sèche en surface avec un cœur encore humide.
- Balles de séchage, ou deux balles de tennis dans une chaussette : elles cassent les paquets de garnissage.
- Test avant rangement : palper au centre et comparer avec le bord. La moindre fraîcheur signifie pas sec.
- Protège-matelas : même protocole, 60 °C, en vérifiant la compatibilité de l'enduction imperméable.
Biofilm & calcaire
Deux problèmes distincts, deux protocoles. Le biofilm se traite à l'oxydant, le calcaire à l'acide. Ne jamais les mener sur le même cycle.
Le manuel d'abord — 80 % du résultat
Le biofilm ne se forme pas dans le tambour, qui est la partie propre de la machine, mais dans la cuve extérieure, le soufflet, le tiroir et la pompe. Un cycle à vide sans produit ne suffit pas : la matrice qui protège les bactéries se dissout à l'oxydant, pas à la chaleur.
- Soufflet de hublot. Soulever le repli inférieur avec le doigt et regarder dedans. C'est là que l'eau stagne et que se forme le dépôt noir. Brosser, essuyer sec.
- Tiroir. Sortir complètement, retirer le cache du siphon, brosser les deux et le logement à la brosse à dents.
- Filtre de pompe. Trappe en bas de la façade. Dévisser, vider, rincer, contrôler l'intérieur du logement.
- Puis seulement lancer le cycle à vide avec le percarbonate.
Cycle biofilm — percarbonate versé dans le tambour
| Cas | Percarbonate | Cycle |
|---|---|---|
| Routine | 100 g | Drum Clean, tambour vide, à condition qu'il monte au-dessus de 50 °C. Sinon Cotton 60 à vide. |
| Cure, odeur ou dépôt visible | 190 g | Cotton 90 °C à vide, après le nettoyage manuel. |
Aucune lessive dans le tiroir sur un cycle à vide : elle mousserait sans linge pour l'absorber.
Cycle détartrage — acide citrique, une à deux fois par an
Problème distinct du biofilm : avec une eau dure et des cycles à 60 °C réguliers, la résistance s'entartre. 120 g d'acide citrique en poudre directement dans le tambour vide, cycle Cotton à 40 ou 50 °C, pas plus chaud : le citrate de calcium devient moins soluble à chaud et on redéposerait ce qu'on cherche à retirer. Jamais le même cycle que le percarbonate, les deux se neutralisent.
Calendrier
- Chaque cycle
- Hublot et tiroir laissés entrouverts
- Chaque semaine
- Soufflet essuyé
- Chaque mois
- Tiroir démonté et rincé
- 2 mois
- Filtre de pompe, plus souvent s'il y a eu du sable
- 3 mois
- Cycle biofilm, 100 g de percarbonate
- 6 à 12 mois
- Détartrage, 120 g d'acide citrique
Interdits
Vinaigre : l'acide acétique est volatil et attaque en phase vapeur l'isolation du hublot et les élastomères, ce que les fabricants déconseillent explicitement. C'est bien la volatilité qui pose problème, pas l'acidité : l'acide citrique, non volatil, ne présente pas ce risque. Eau de javel. Lessive sur un cycle à vide.
Taches & rattrapage
Une tache traitée avant lavage part presque toujours. Une tache passée au sèche-linge ou au fer ne part plus jamais.
La règle qui sauve le plus de linge
Aucune pièce tachée ne passe au sèche-linge ni au fer avant vérification à la sortie de machine. La chaleur fixe le résidu de façon irréversible et transforme un drap récupérable en chiffon. C'est la première consigne à donner à quiconque gère le linge.
| Tache | Principe | Traitement |
|---|---|---|
| Sang | Froid | Eau froide uniquement, rinçage immédiat, puis lavage à 40 °C maximum. La chaleur coagule la protéine et fixe la tache définitivement. |
| Crème solaire, encore claire ou jaune | Oxydant | Percarbonate 130 g, Cotton 60 °C long. Traiter avant qu'elle ne sèche. |
| Crème solaire, déjà orange | Chélation | Ce n'est plus une tache de crème mais un complexe fer-avobenzone, autrement dit une tache de rouille. Le percarbonate n'y peut rien. Trempage à l'acide citrique concentré, ou produit antirouille à l'acide oxalique, avant tout passage au chaud. |
| Vin, thé, café, herbe, fruits | Oxydant | Taches oxydables, domaine exact du percarbonate. 130 g dans le tambour en plus de la dose d'Ariel, à 60 °C. |
| Gras, sébum, maquillage | Liquide | Le seul usage où la lessive liquide est supérieure. Une goutte pure frottée du bout du doigt, laisser agir dix minutes, puis cycle normal. |
Rattrapage d'un blanc terni
- Percarbonate 130 g dans le tambour, en plus de la dose normale d'Ariel. Ne pas réduire l'Ariel : il est dosé sur la dureté de l'eau, pas sur le blanchiment.
- Charge réduite de moitié, Cotton 60 °C, programme le plus long.
- Deux passages maximum. Sans progrès au-delà, ce n'est pas de l'oxydation qu'il faut mais du détartrage : trempage à l'acide citrique.
Blanc uniquement. Le percarbonate décolore.
La taie témoin
Ranger une taie neuve dans un sac fermé, à l'abri de la lumière. Comparer au linge en service tous les six mois, à la lumière du jour, côte à côte. C'est la méthode des blanchisseries : le grisaillement est trop progressif pour que l'œil le détecte sur du linge manipulé tous les jours.