On ne pensait pas ouvrir ce blog avec la buanderie. Et pourtant : des draps blancs qui restent blancs et des serviettes qui essuient vraiment, c'est une bonne partie du confort d'une maison qui accueille. Alors on partage nos fiches de lavage — celles qui sont affichées dans la nôtre.

Elles ont été écrites pour notre machine et pour l'eau bordelaise, qui est très dure. La fiche 00 vous donne les repères pour transposer chez vous. Mon conseil : commencez par elle, tout le reste en découle.

Édition juillet 2026

Buanderie
fiches de lavage

Onze fiches, un flux par fiche. Le tiroir se lit toujours de gauche à droite, dans le même ordre, sur toutes les fiches — c'est celui de notre machine, la fiche 00 vous donne le repère pour transposer sur la vôtre. Les dosages intègrent déjà la dureté de l'eau : ne jamais les majorer une seconde fois.

Fiche 00Base commune / à lire une fois

Référentiel

Chez nous, l'eau du réseau est à 30,5 °f (17,1 °dH). Eau dure. Tout ce qui suit en découle — la dureté de la vôtre figure sur l'analyse de votre distributeur ou en mairie.

Le tiroir, de gauche à droite

Bac gauche Lavage principal Pas de siphon. Une poudre y reste jusqu'à la prise d'eau du lavage principal. Un liquide tombe dans la cuve par gravité dès qu'on le verse.
Bac milieu · cache bleu Adoucissant Seul compartiment à siphon. Le produit est retenu jusqu'au dernier rinçage. C'est ici que va l'acide citrique, et rien d'autre.
Bac droit Prélavage Pas de siphon. Ne rien y mettre, sauf sur la fiche 07.

Cette disposition est celle de notre machine. L'ordre des bacs varie selon les marques : fiez-vous aux symboles du fabricant (I = prélavage, II = lavage principal, fleur = adoucissant). Le repère qui ne trompe pas : le bac adoucissant est le seul équipé d'un siphon.

C'est ce qui rend la lessive liquide incompatible avec un prélavage : versée dans le bac lavage, elle est déjà dans la cuve au premier remplissage et part avec la vidange du prélavage. Le lavage principal tourne alors à l'eau claire. Avec une poudre, le problème ne se pose pas.

Comment se construit un dosage

Un dosage lessive a deux parts. Une part salissure, proportionnelle au poids de linge. Une part dureté, proportionnelle au volume d'eau du bain, qui sert à neutraliser le calcium avant que les tensioactifs ne travaillent.

Le volume d'eau ne diminue quasiment pas quand la charge diminue de moitié. Donc on ne divise jamais un dosage par deux sous prétexte qu'on lave une demi-charge : on ne réduit que la part salissure. En pratique, plancher à 130 ml de poudre quelle que soit la charge, et toujours utiliser la colonne « eau dure » du paquet, y compris sur une machine légère et peu salissante.

Où verser la poudre

Au-delà de 130 ml, le tiroir n'entraîne pas la poudre de façon fiable : une partie reste au fond du bac, la dose réelle est plus faible que la dose prévue, et le bac s'encrasse. Doser les grosses quantités en boule doseuse posée dans le tambour, sous le linge.

Exception : fiche 07. Avec un prélavage activé, la boule doseuse libère son produit dès le prélavage et il part à la vidange. Sur cette fiche uniquement, la poudre du lavage principal va dans le bac lavage.

Les quatre produits

ProduitRôleInterdits
Ariel poudreLessive complète, blanchiment oxygéné activé par TAED dès 40 °C. Blanc et linge de maison. Doseur : 75 ml = 50 g.Laine, soie, bac de prélavage (pictogramme barré sur le paquet), couleurs.
Poudre couleurSans blanchiment ni azurants. Tout le linge teinté.Rien de particulier.
Acide citriqueEn solution, bac adoucissant. Neutralise l'alcalinité résiduelle et empêche le redépôt de calcium au dernier rinçage.Surdosage. Voir ci-dessous.
PercarbonateEntretien machine et rattrapage du blanc. Sans activateur : inactif en dessous de 50 °C.Couleurs, laine, soie, duvet, élasthanne.

Acide citrique — dose de référence

La référence n'est pas un volume, c'est une masse : 9,5 g d'acide citrique par machine. Le volume dépend de la concentration de votre solution.

SolutionPréparationDose
190 g/L recommandée500 g dans 2,3 L d'eau tiède, volume final ≈ 2,63 L50 ml
379 g/L500 g dans 1 L d'eau tiède, volume final ≈ 1,32 L25 ml
400 g/LSac de 2 kg dans 5 L de solution finale24 ml
Poudre pureDirectement dans le bac adoucissant9,5 g

La solution diluée à 190 g/L est celle à retenir, non pas parce qu'elle est plus douce (la masse délivrée est identique) mais parce que 50 ml se mesure correctement dans un bac d'adoucissant alors que 25 ml se mesure au jugé. Le mode de défaillance qu'on cherche à éliminer, c'est le surdosage.

Verser en trois fois en secouant entre chaque. Étiqueter la bouteille. Jamais dans un bidon ayant contenu de l'eau de javel. Autonomie : 52 machines par sachet de 500 g.

À mesurer une fois, puis à figer

pH du dernier rinçage. Bandelettes plage 4 à 7. Prélever un peu d'eau du hublot pendant le dernier rinçage sur une machine de draps. Cible : 5,5 à 6,5, la référence des blanchisseries professionnelles. Ajuster par pas de 5 ml et reporter la valeur trouvée sur toutes les fiches. La dose de 9,5 g est une estimation stœchiométrique, pas une mesure.

Température réelle du Cotton 60. Un enregistreur de température dans une chaussette, au milieu du tambour, un cycle complet. Beaucoup de machines n'atteignent pas la consigne.

Température du cycle Drum Clean. Notice ou sonde. En dessous de 50 °C, le percarbonate est inerte et la fiche 09 ne sert à rien.

Dureté réelle. Bandelette deux fois par an. La valeur de l'analyse du réseau bouge dans l'année.

Percarbonate — H318, lésions oculaires graves

Gants et lunettes pour toute manipulation. La poudre vole quand on la verse dans le tambour. Ne jamais se frotter l'œil après avoir touché le pot. Stockage sec, couvercle vissé sans être hermétique (dégagement d'oxygène), à distance de l'acide citrique : les deux se neutralisent.

Test de remplissage

Main à plat, verticale, entre le haut du linge et le haut du tambour. Si elle ne passe pas, c'est trop chargé : l'action mécanique s'effondre et le rinçage devient incomplet.

Question ouverte. Tout ce document optimise la chimie autour d'une eau dure. Un adoucisseur au point d'entrée supprimerait l'acide citrique en routine, le détartrage de la résistance, et 30 à 40 % de la lessive, en débordant sur le lave-vaisselle et le chauffe-eau. Contre : investissement, sel, eau de régénération, un point de maintenance de plus. Chez nous, la question reste ouverte.
Fiche 01Location / linge de lit

Draps & housses

Blanc uniquement. L'objectif n'est pas la propreté visible mais le blanc qui tient sur cent rotations.

Bac lavageAriel poudre165 ml≈ 110 g. Boule doseuse dans le tambour.
Bac adoucissantAcide citrique50 mlSolution à 190 g/L, soit 9,5 g.
Bac prélavagePrélavagerienJamais sur ce flux.
Programme
Cotton, le plus long disponible
Température
60 °C réglés à la main
Essorage
1200
Charge
Trois quarts du tambour

Interdits

Adoucissant. Prélavage. Vinaigre. Eau de javel, qui dégrade les azurants optiques et finit par jaunir le blanc au lieu de l'aviver.

Pourquoi 60 °C

Pas pour l'hygiène : Ariel contient du TAED, qui active le blanchiment oxygéné dès 40 °C, et un cycle long à 40 °C avec une poudre correctement dosée est sanitairement suffisant. La raison est lipidique. Le sébum fond entre 35 et 40 °C ; en dessous il reste dans la fibre, s'auto-oxyde à l'air et jaunit le blanc au fil des rotations. C'est le jaunissement, pas la contamination, qui met un drap à la poubelle.

Pas Eco 40-60

C'est le programme normé de l'étiquette énergie. Sa température n'est pas réglable et les constructeurs y chauffent réellement bien plus bas que l'affichage : certaines notices Samsung annoncent elles-mêmes un maximum autour de 33 °C. Pour du 60 °C réel, il faut Cotton.

Après le cycle

  1. Sortir immédiatement. Le linge oublié dans le tambour prend l'odeur de renfermé et annule tout le reste.
  2. Séchage au soleil dès que la météo le permet : blanchiment UV gratuit, et l'odeur de linge séché dehors est fabriquée par le soleil lui-même, par photo-oxydation des lipides résiduels.
  3. Ranger seulement quand la pièce est parfaitement sèche. Un seul drap humide contamine l'armoire entière.
Fiche 02Location / éponge

Serviettes & tapis

Le seul flux où la charge se compte à moitié. L'éponge gonfle en absorbant : un tambour rempli aux trois quarts devient un bloc immobile une fois saturé.

Bac lavageAriel poudre130 ml≈ 87 g. Plancher, ne pas descendre en dessous.
Bac adoucissantAcide citrique50 mlDose pleine : c'est ici qu'il fait le plus.
Bac prélavagePrélavagerienJamais sur ce flux.
Programme
Cotton, le plus long disponible
Température
60 °C réglés à la main
Essorage
1400
Charge
Moitié du tambour

Interdits — l'adoucissant en premier

Il dépose un film hydrophobe qui détruit l'absorption, et une serviette qui n'essuie pas est le défaut le plus commenté par les voyageurs. L'acide citrique donne la souplesse sans le film. Ni prélavage, ni vinaigre, ni javel.

Pourquoi 130 ml et pas 110

La charge est réduite de moitié, mais le volume d'eau du bain ne l'est pas. Réduire la dose proportionnellement revient à sous-doser précisément la part anticalcaire, sur le seul flux où le cartonnage est un problème. Avec une eau dure, l'eau de rinçage redépose du calcium sur la fibre et c'est ce qui rend l'éponge rêche, même sans adoucissant. La poudre en amont et l'acide citrique au dernier rinçage traitent les deux bouts du même phénomène.

Séchage

Séchage complet impératif, jusqu'au cœur de l'ourlet. Une serviette rangée à 95 % sèche développe une odeur en trois jours. Sèche-linge autorisé et même recommandé sur ce flux : le culbutage redresse les boucles d'éponge, c'est le premier levier de souplesse, avant toute chimie.

Fiche 03Quotidien / vêtements

Linge de couleur

Le flux courant. Coton, lin, mélanges. Tout ce qui n'est pas blanc, pas noir, pas technique, pas de la laine.

Bac lavagePoudre couleurdose maxColonne « eau dure » du paquet. Au verre doseur, pas au geste.
Bac adoucissantAcide citrique50 mlNe décolore pas, sans risque sur les teintes.
Bac prélavagePrélavagerienJamais sur ce flux.
Programme
Cotton long, ou Mixed Load si charge mélangée
Température
40 °C
Essorage
1200, ou 800 pour les mailles et le lin
Charge
Trois quarts du tambour

Interdits

Ariel avant tout : son percarbonate et ses azurants délavent les teintes. C'est la poudre couleur, et elle seule, sur ce flux. Ni javel, ni percarbonate, ni adoucissant.

40 °C avec une poudre correctement dosée suffit à tout, y compris sur le plan sanitaire. Le temps de cycle compense la température : long à 40 °C vaut mieux que court à 60 °C, sur le détachage comme sur la facture. Le 15' Quick Wash est un rinçage amélioré, pas un lavage : les enzymes n'ont pas le temps de travailler.

Poudre, pas liquide

Y compris sur les couleurs. La poudre embarque les zéolithes et polycarboxylates qui neutralisent la dureté ; un liquide ne peut pas en contenir et compense par un surcroît de tensioactifs. Avec une eau dure, l'écart devient visible au bout de quelques mois sous forme de gris.

Fiche 04Quotidien / teintes profondes

Noir & foncé

Flux séparé parce que l'ennemi n'est pas la saleté mais le délavage et le dépôt blanc. Sur une eau dure, le calcaire se voit d'abord sur le noir.

Bac lavagePoudre couleurdose maxOu lessive spéciale noir. Ne pas sous-doser.
Bac adoucissantAcide citrique50 mlLe plus utile ici : il retire le voile calcaire.
Bac prélavagePrélavagerienJamais sur ce flux.
Programme
Cotton ou Synthetics
Température
30 °C
Essorage
800
Préparation
Vêtements retournés à l'envers

Interdits

Ariel, percarbonate et javel : ils décolorent. Sèche-linge, qui accélère la migration du colorant et fixe les peluches claires. Séchage en plein soleil, excellent pour le blanc, décolorant pour les teintes foncées.

Gestes

  • Retourner systématiquement : l'abrasion du tambour se fait sur la face exposée, et c'est elle qui blanchit.
  • Séchage à l'ombre, sur cintre, à l'abri du soleil direct.
  • Ne pas mélanger avec de l'éponge blanche : le noir se couvre de fibres claires.
Le voile grisâtre sur du noir n'est presque jamais du délavage : c'est du carboxylate de calcium, de la lessive précipitée par l'eau dure et déposée sur la fibre. Il part avec un lavage à dose correcte suivi d'un rinçage acide, pas en achetant une lessive plus chère.
Fiche 05Quotidien / technique

Sport & synthétiques

Maillots vélo, cuissards, tee-shirts techniques, coupe-vent. Le problème n'est pas la saleté, c'est l'odeur, et elle se traite autrement.

Bac lavagePoudre couleurdose maxColonne « eau dure » malgré la charge légère.
Bac adoucissantAcide citriquerienSans effet sur ces fibres. En bassine seulement, et dans un cas précis.
Bac prélavagePrélavagerienJamais sur ce flux.
Programme
Synthetics, cycle long
Température
40 °C maximum
Essorage
800
Charge
Moitié du tambour, pièces retournées

Interdits

Adoucissant, qui obstrue la fibre et aggrave la rétention d'odeur. Percarbonate et Ariel, qui attaquent l'élasthanne. Sèche-linge. Dépasser 40 °C.

Pourquoi 40 °C maximum

Pas à cause du polyester lui-même : sa transition vitreuse est autour de 70 à 80 °C et sa fusion à 250 °C, il ne se déforme pas dans un tambour à 60 °C. Ce qui craint la chaleur, c'est l'élasthanne, les impressions, les coutures thermocollées et les traitements déperlants. Et la chaleur ne « fixe » pas l'odeur, elle aide plutôt à l'extraire.

La règle des 24 heures

Le polyester est oléophile. Les odorants apolaires (aldéhydes type 2-nonénal, guaïacol, alcanes) s'y logent et le lavage les retire beaucoup moins bien que sur du coton, alors que les acides gras volatils, eux, partent correctement en milieu alcalin. Ce qui reste après lavage, ce sont donc les composés que ni le pH ni un cycle standard ne délogent, et ils s'accumulent d'un lavage à l'autre.

Laver dans les 24 heures, ou au minimum faire sécher à l'air avant de mettre au panier. C'est le seul levier vraiment efficace.

Odeur persistante — deux cas à ne pas confondre

SymptômeCauseTraitement
Auréoles raides sous les bras, tissu cartonné localementSels d'aluminium d'anti-transpirant incrustésTrempage 1 h en bassine, eau tiède, 40 ml de solution d'acide citrique, puis cycle normal. En bassine, jamais dans le bac adoucissant.
Odeur diffuse de sac de sport qui revient à la transpirationSébum oxydé et odorants apolaires piégés dans la fibreL'acide n'y peut rien. Trempage 1 h en eau tiède avec la lessive habituelle à dose pleine, puis cycle Synthetics long à 40 °C. Une lessive contenant une lipase aide réellement.

Membranes imperméables

Vestes de pluie et déperlants : lessive liquide technique dédiée, aucune poudre, aucun acide citrique, essorage 400, séchage à l'air puis réactivation au sèche-linge tiède ou au fer sur pattemouille si le fabricant l'indique.

Fiche 06Quotidien / kératine

Laine & mérinos

La seule famille où le facteur décisif n'est ni la température ni la chimie, mais l'agitation. Ce n'est pas l'eau chaude qui rétrécit un pull, c'est le brassage.

Bac lavageLessive lainedose paquetSans enzyme, pH neutre. Une lanoline est un plus : elle lubrifie les écailles.
Bac adoucissantAcide citrique30 mlFacultatif. La kératine tolère bien l'acide, jamais l'alcalin.
Bac prélavagePrélavagerienJamais sur ce flux.

D'abord : ne pas laver

La laine retient peu les composés odorants. Vingt-quatre heures sur un cintre dans une pièce ventilée règlent la majorité des cas. Deux à quatre lavages par saison suffisent pour un pull. Chaque lavage évité est un feutrage évité.

Programme
Wool, ou bassine si la pièce a de la valeur
Température
30 °C, identique du lavage au rinçage
Essorage
400, court
Charge
Un tiers du tambour, filet obligatoire

Les trois gestes qui comptent

  1. Ne jamais tordre. L'essorage machine plaque les fibres sans mouvement relatif ; tordre à la main crée exactement le glissement qui feutre. La centrifugeuse est plus sûre que vos mains.
  2. Température constante. C'est le choc thermique qui abîme, pas la valeur absolue. Rincer à la même température qu'on a lavé.
  3. Séchage à plat sur une serviette, jamais sur cintre ni sur fil : la laine mouillée flue sous son propre poids.

Interdits

Ariel et poudre couleur : leurs protéases digèrent la kératine, c'est une protéine. Percarbonate et javel, qui attaquent les ponts disulfure. Sèche-linge. Torsion.

Fiche 07Occasionnel / salissure granuleuse

Boue, terre, sable

Sorties gravel, couchage du chien, linge de plage, tenues d'atelier. Le seul flux où le prélavage se justifie, et le seul où les trois bacs servent.

Bac lavageAriel, ou poudre couleur165 mlAriel si la charge est blanche, poudre couleur sinon. Dans le bac, pas en boule doseuse.
Bac adoucissantAcide citrique50 mlFacultatif sur ce flux.
Bac prélavagePoudre couleur50 mlPrélavage. Poudre couleur, jamais Ariel.
Programme
Cotton + option prélavage activée
Température
40 °C, ou 60 °C sur du blanc résistant
Essorage
1200
Charge
Moitié du tambour

Interdits

Ariel dans le bac de prélavage : le pictogramme prélavage est barré sur le paquet, et son percarbonate partirait à la vidange avant d'avoir servi. Lessive liquide dans le bac lavage : sans siphon, elle est déjà dans la cuve au premier remplissage et disparaît avec l'eau du prélavage. Boule doseuse dans le tambour : même problème, elle libère tout pendant le prélavage.

Avant et après

  1. Laisser sécher la boue avant de brosser. Humide, elle s'incruste ; sèche, elle tombe.
  2. Secouer et brosser dehors. Le prélavage évacue ce qui est déjà décroché, il ne décroche pas grand-chose.
  3. Vérifier le filtre de pompe après le cycle. Le sable y va directement.
  4. Couchage du chien toujours seul, jamais mélangé au reste.
L'intérêt du prélavage est mécanique, pas chimique : il évacue les particules solides avant le lavage principal pour qu'elles ne se redéposent pas. Sur du gras, des odeurs ou une tache localisée, il n'apporte rien. Règle : si la saleté se montre du doigt, prétraiter ; si elle est partout et granuleuse, prélaver.
Fiche 08Saisonnier / literie

Couettes & oreillers

Une pièce à la fois. Le risque n'est pas le lavage mais le séchage : une garniture rangée humide moisit de l'intérieur et la pièce est perdue.

Bac lavageAriel poudre165 ml≈ 110 g. Garnissage synthétique uniquement.
Bac adoucissantAcide citrique50 mlAide au rinçage complet du garnissage.
Bac prélavagePrélavagerienJamais sur ce flux.
Programme
Bedding
Température
60 °C sur synthétique, 40 °C sur duvet naturel
Rinçage
+1 cran avec la touche rinçage
Essorage
1000 à 1200, essoré le plus possible
Charge
Une seule pièce, tambour à moitié plein maximum

Duvet et plume naturels — protocole différent

Lessive spéciale duvet dans le bac lavage, jamais d'Ariel ni de percarbonate : ce sont des protéines, comme la laine. Séchage au sèche-linge obligatoire avec trois balles, en plusieurs passages tièdes, jusqu'à ce qu'aucun paquet ne subsiste au toucher.

Séchage

  • Compter beaucoup plus long que prévu. Une couette paraît sèche en surface avec un cœur encore humide.
  • Balles de séchage, ou deux balles de tennis dans une chaussette : elles cassent les paquets de garnissage.
  • Test avant rangement : palper au centre et comparer avec le bord. La moindre fraîcheur signifie pas sec.
  • Protège-matelas : même protocole, 60 °C, en vérifiant la compatibilité de l'enduction imperméable.
Fiche 09Entretien machine

Biofilm & calcaire

Deux problèmes distincts, deux protocoles. Le biofilm se traite à l'oxydant, le calcaire à l'acide. Ne jamais les mener sur le même cycle.

Le manuel d'abord — 80 % du résultat

Le biofilm ne se forme pas dans le tambour, qui est la partie propre de la machine, mais dans la cuve extérieure, le soufflet, le tiroir et la pompe. Un cycle à vide sans produit ne suffit pas : la matrice qui protège les bactéries se dissout à l'oxydant, pas à la chaleur.

  1. Soufflet de hublot. Soulever le repli inférieur avec le doigt et regarder dedans. C'est là que l'eau stagne et que se forme le dépôt noir. Brosser, essuyer sec.
  2. Tiroir. Sortir complètement, retirer le cache du siphon, brosser les deux et le logement à la brosse à dents.
  3. Filtre de pompe. Trappe en bas de la façade. Dévisser, vider, rincer, contrôler l'intérieur du logement.
  4. Puis seulement lancer le cycle à vide avec le percarbonate.

Cycle biofilm — percarbonate versé dans le tambour

CasPercarbonateCycle
Routine100 gDrum Clean, tambour vide, à condition qu'il monte au-dessus de 50 °C. Sinon Cotton 60 à vide.
Cure, odeur ou dépôt visible190 gCotton 90 °C à vide, après le nettoyage manuel.

Aucune lessive dans le tiroir sur un cycle à vide : elle mousserait sans linge pour l'absorber.

Cycle détartrage — acide citrique, une à deux fois par an

Problème distinct du biofilm : avec une eau dure et des cycles à 60 °C réguliers, la résistance s'entartre. 120 g d'acide citrique en poudre directement dans le tambour vide, cycle Cotton à 40 ou 50 °C, pas plus chaud : le citrate de calcium devient moins soluble à chaud et on redéposerait ce qu'on cherche à retirer. Jamais le même cycle que le percarbonate, les deux se neutralisent.

Calendrier

Chaque cycle
Hublot et tiroir laissés entrouverts
Chaque semaine
Soufflet essuyé
Chaque mois
Tiroir démonté et rincé
2 mois
Filtre de pompe, plus souvent s'il y a eu du sable
3 mois
Cycle biofilm, 100 g de percarbonate
6 à 12 mois
Détartrage, 120 g d'acide citrique

Interdits

Vinaigre : l'acide acétique est volatil et attaque en phase vapeur l'isolation du hublot et les élastomères, ce que les fabricants déconseillent explicitement. C'est bien la volatilité qui pose problème, pas l'acidité : l'acide citrique, non volatil, ne présente pas ce risque. Eau de javel. Lessive sur un cycle à vide.

Le régime 60 °C avec poudre percarbonatée est celui qui produit le moins de biofilm, et c'est déjà le régime de nos flux draps, éponge et couettes. Le problème frappe surtout ceux qui lavent tout à 30 °C au liquide. C'est pourquoi la routine est à trois mois : une fois une éventuelle cure initiale passée, c'est de la prévention. Si l'odeur revient, repasser en cure et resserrer à six semaines.
Fiche 10Avant le lavage / réflexes

Taches & rattrapage

Une tache traitée avant lavage part presque toujours. Une tache passée au sèche-linge ou au fer ne part plus jamais.

La règle qui sauve le plus de linge

Aucune pièce tachée ne passe au sèche-linge ni au fer avant vérification à la sortie de machine. La chaleur fixe le résidu de façon irréversible et transforme un drap récupérable en chiffon. C'est la première consigne à donner à quiconque gère le linge.

TachePrincipeTraitement
SangFroidEau froide uniquement, rinçage immédiat, puis lavage à 40 °C maximum. La chaleur coagule la protéine et fixe la tache définitivement.
Crème solaire, encore claire ou jauneOxydantPercarbonate 130 g, Cotton 60 °C long. Traiter avant qu'elle ne sèche.
Crème solaire, déjà orangeChélationCe n'est plus une tache de crème mais un complexe fer-avobenzone, autrement dit une tache de rouille. Le percarbonate n'y peut rien. Trempage à l'acide citrique concentré, ou produit antirouille à l'acide oxalique, avant tout passage au chaud.
Vin, thé, café, herbe, fruitsOxydantTaches oxydables, domaine exact du percarbonate. 130 g dans le tambour en plus de la dose d'Ariel, à 60 °C.
Gras, sébum, maquillageLiquideLe seul usage où la lessive liquide est supérieure. Une goutte pure frottée du bout du doigt, laisser agir dix minutes, puis cycle normal.

Rattrapage d'un blanc terni

  1. Percarbonate 130 g dans le tambour, en plus de la dose normale d'Ariel. Ne pas réduire l'Ariel : il est dosé sur la dureté de l'eau, pas sur le blanchiment.
  2. Charge réduite de moitié, Cotton 60 °C, programme le plus long.
  3. Deux passages maximum. Sans progrès au-delà, ce n'est pas de l'oxydation qu'il faut mais du détartrage : trempage à l'acide citrique.

Blanc uniquement. Le percarbonate décolore.

La taie témoin

Ranger une taie neuve dans un sac fermé, à l'abri de la lumière. Comparer au linge en service tous les six mois, à la lumière du jour, côte à côte. C'est la méthode des blanchisseries : le grisaillement est trop progressif pour que l'œil le détecte sur du linge manipulé tous les jours.

La Reco, Bordeaux — buanderie, édition juillet 2026